Accueil › Conseils › Les kissing spines
Santé et quotidien du chevalKissing spines chez le cheval : quand les vertèbres dorsales se touchent
Un cheval qui résiste de plus en plus au sellage, qui se raidit sous la selle, qui peine à se muscler correctement du dos : ces signes, vagues et peu spécifiques, peuvent évoquer un conflit entre les vertèbres dorsales, couramment appelé kissing spines.
Mis à jour le 1er octobre 2026

Qu'est-ce que les kissing spines ?
Les vertèbres de la colonne dorsale du cheval portent de longues excroissances osseuses, les processus épineux. Chez certains chevaux, ces processus se rapprochent trop les uns des autres, se touchent, voire se chevauchent : c'est ce qu'on appelle les kissing spines, ou conflit des processus épineux. Les causes exactes restent mal comprises : l'origine est le plus souvent acquise plutôt que congénitale, et plusieurs facteurs sont évoqués, dont l'âge et les contraintes mécaniques liées au travail, la conformation (dos courts), une selle mal ajustée, et une possible composante génétique.
Un point important à connaître : des études radiographiques montrent que des processus épineux rapprochés ou en contact sont très fréquents, y compris chez des chevaux qui ne montrent aucun signe clinique. Autrement dit, voir des kissing spines sur une radiographie ne veut pas dire que c'est forcément la cause d'un problème observé par ailleurs : c'est l'une des raisons pour lesquelles le diagnostic n'est pas simple.
Reconnaître les signes
Les signes sont souvent flous, et c'est justement ce qui rend la situation difficile à interpréter pour un propriétaire : résistance au contact, préférence pour une attitude encolure haute et dos creusé, réticence à se fléchir latéralement, changements de pied au galop inhabituels, résistance au sellage, irritation ou agressivité quand on touche le dos, raideur, foulées courtes et irrégulières, difficulté à engager les postérieurs. Aucun de ces signes n'est spécifique : chacun peut avoir d'autres causes, comme une tendinite ou une desmite, ce qui rend l'examen vétérinaire indispensable plutôt qu'une conclusion hâtive du propriétaire.
Pourquoi le diagnostic demande un examen complet
Un examen clinique complet est la première étape : le vétérinaire évalue la conformation, palpe le dos à la recherche de zones sensibles, et observe le cheval en mouvement. La radiographie est l'examen de première intention pour visualiser les processus épineux, mais, comme indiqué plus haut, des images anormales ne suffisent pas à elles seules à expliquer les signes observés : le lien entre ce que montre l'imagerie et ce que ressent le cheval doit être établi avec prudence, ce qui explique pourquoi certains vétérinaires utilisent aussi des anesthésies locales ciblées pour confirmer qu'une zone est bien à l'origine de la gêne.
Les options de traitement
Quand le diagnostic confirme que les processus épineux sont bien à l'origine de la gêne, plusieurs options existent, de la moins à la plus invasive. Le traitement médical associe infiltrations locales de corticoïdes et renforcement musculaire du dos par un travail adapté. Pour les cas qui ne répondent pas à cette prise en charge, deux techniques chirurgicales sont utilisées : la desmotomie du ligament interépineux, réalisée en position debout sous sédation, qui sectionne le ligament entre les processus en conflit, avec une récupération nettement plus rapide et des résultats favorables dans plus de 9 cas sur 10 dans les séries publiées (un peu plus de la moitié des chevaux retrouvant un niveau égal ou supérieur à celui d'avant les signes) ; et l'ostectomie partielle, qui retire une partie des processus épineux sous anesthésie générale, plus invasive, avec une rééducation plus longue, pour un taux de retour à une pleine activité sportive d'environ 7 cas sur 10 selon les études.
Questions fréquentes
Un cheval avec des kissing spines doit-il arrêter le travail ?
Pas nécessairement. La plupart des chevaux présentant des signes cliniques peuvent reprendre le travail après une prise en charge adaptée, qui passe souvent par un renforcement musculaire du dos en complément d'un traitement médical ou, dans certains cas, chirurgical.
Une radiographie qui montre des kissing spines est-elle forcément grave ?
Non. Des études montrent que des processus épineux rapprochés sont fréquents, y compris chez des chevaux sans aucun signe clinique. C'est l'ensemble de l'examen, pas la seule image, qui permet de juger si cela explique un problème observé.
Quels signes peuvent faire penser à des kissing spines ?
Des résistances au sellage ou au contact, une sensibilité du dos, une réticence à se fléchir, ou des changements d'attitude au travail. Ces signes ne sont pas spécifiques et nécessitent un examen vétérinaire pour en identifier la cause réelle.
Quelle chirurgie donne les meilleurs résultats pour les kissing spines ?
Dans les séries publiées, la desmotomie du ligament interépineux (réalisée debout, sous sédation) donne de meilleurs taux de succès et une récupération plus rapide que l'ostectomie partielle (sous anesthésie générale), ce qui en fait aujourd'hui l'option souvent privilégiée quand une chirurgie est nécessaire. Le choix reste propre à chaque cheval et se décide avec le chirurgien.
Sources
- Impinging and Overriding Spinous Processes in Horses: A Narrative Review. PubMed Central (PMC).
- Coomer et al., A Controlled Study Evaluating a Novel Surgical Treatment for Kissing Spines in Standing Sedated Horses, Veterinary Surgery.
- Brassington et al., Long-term effects of treatment and management approaches for impinging dorsal spinous processes in ridden horses, Equine Veterinary Education (BEVA).
Faites le point sur le quotidien de votre cheval
Alimentation, vie sociale, mouvement, environnement : le bilan Cheval 3F repère ce qui peut être amélioré, et ce qui demande l'avis d'un professionnel.
Commencer le bilanConfort, repos et sommeil
Le chapitre complet : les mécanismes, la prévention au quotidien, ce qu'il faut observer mois après mois, et ses sources.
Découvrir le guide