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Santé et quotidien du cheval

Syndrome métabolique et maladie de Cushing chez le cheval : les différences

Le syndrome métabolique équin et la maladie de Cushing sont deux troubles hormonaux différents, qui touchent des chevaux différents. Ils ont pourtant un point commun redouté : tous deux exposent à la fourbure, par un excès d'insuline. Aucun ne se reconnaît à l'œil avec certitude : le diagnostic repose sur des analyses de sang, prescrites par le vétérinaire.

Mis à jour le 1er octobre 2026

Poney Shetland debout dans l'herbe
Photo : Andrey Altergott, Pexels

Le syndrome métabolique équin (SME)

Ce que c'est

Le syndrome métabolique n'est pas une maladie unique mais un ensemble de caractéristiques qui, réunies, augmentent le risque de fourbure. Le consensus vétérinaire européen en retient trois :

  1. une surcharge pondérale, générale ou localisée : encolure épaisse, dépôts de graisse à la base de la queue ou derrière les épaules ;
  2. une dérégulation de l'insuline, c'est-à-dire une mauvaise gestion du sucre dans le sang ;
  3. une prédisposition à la fourbure.

Le cœur du problème est l'insuline. Présente en excès de façon prolongée, elle abîme les lamelles qui tiennent l'os du pied dans le sabot.

Quels chevaux sont concernés ?

Les poneys et les races rustiques y sont nettement plus prédisposés. Le surpoids, une alimentation riche en sucres et en amidon et le manque d'activité favorisent son expression.

Mais un cheval mince peut en être atteint, et un cheval en surpoids n'en est pas forcément porteur. L'apparence ne suffit jamais à conclure.

Comment le gérer ?

Le SME se gère surtout par le quotidien, avec le vétérinaire :

  • l'alimentation : moins de sucres et d'amidon (herbe jeune, céréales, friandises), un foin pauvre en sucres, parfois trempé, et une perte de poids progressive si nécessaire ;
  • le mouvement : une activité régulière, adaptée au cheval, améliore la réponse à l'insuline ;
  • le suivi : poids, état corporel et, selon les cas, analyses de sang régulières.

Un cheval porteur d'un SME n'est pas condamné à la fourbure : bien géré, son risque diminue nettement.

La maladie de Cushing (PPID)

Ce que c'est

La maladie de Cushing du cheval, dont le nom exact est PPID (dysfonctionnement de la partie intermédiaire de l'hypophyse), est un trouble lié au vieillissement. Une petite glande à la base du cerveau, l'hypophyse, perd peu à peu le contrôle de la production de certaines hormones, qui sont alors sécrétées en excès.

Les signes qui doivent alerter

Le plus connu est un poil long, souvent bouclé, qui ne mue plus normalement. Mais il apparaît souvent tard. D'autres signes peuvent le précéder :

  • une fonte musculaire, surtout le long du dos ;
  • des dépôts de graisse au-dessus des yeux ou sur l'encolure, alors que le reste du corps paraît mince ;
  • une transpiration inhabituelle, excessive ou au contraire absente ;
  • une soif et des urines plus abondantes ;
  • des infections qui traînent : plaies qui cicatrisent mal, abcès de pied à répétition ;
  • une baisse d'entrain ;
  • des épisodes de fourbure, parfois sans cause alimentaire évidente.

Le diagnostic et le traitement

Le diagnostic repose sur un examen et sur le dosage d'une hormone, l'ACTH. Ce dosage s'interprète avec précaution : l'ACTH monte naturellement à l'automne, et le vétérinaire utilise des valeurs de référence adaptées à la saison.

Contrairement au SME, la maladie de Cushing nécessite généralement un traitement médicamenteux à vie, prescrit et suivi par le vétérinaire. Il ne guérit pas la maladie, mais en contrôle les effets et réduit le risque de complications, en particulier de fourbure. L'alimentation et le mouvement restent importants en complément, car beaucoup de chevaux atteints de PPID présentent aussi une dérégulation de l'insuline.

Les deux maladies côte à côte

Syndrome métaboliqueMaladie de Cushing (PPID)
OriginePrédisposition et mode de vieVieillissement de l'hypophyse
ÂgeTout âge, souvent plus jeuneChevaux âgés, généralement 15 ans et plus
Signe visibleSurpoids, encolure épaissePoil qui ne mue plus, fonte musculaire
DiagnosticTests de l'insulineDosage de l'ACTH, selon la saison
Prise en chargeAlimentation, mouvement, poidsTraitement médicamenteux à vie
Risque communFourbureFourbure

Un même cheval peut cumuler les deux : un cheval âgé atteint de PPID peut aussi développer une dérégulation de l'insuline. C'est pourquoi le vétérinaire évalue souvent les deux ensemble.

Ce que vous pouvez surveiller

  • L'état corporel et l'encolure, notés régulièrement plutôt qu'appréciés à l'œil ;
  • la mue au printemps ;
  • la musculature, en particulier chez le cheval âgé ;
  • la soif et la litière plus mouillée que d'habitude ;
  • les infections qui reviennent et les pieds sensibles.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre syndrome métabolique et Cushing ?

Le syndrome métabolique est surtout lié à une prédisposition et au mode de vie, touche des chevaux de tout âge, et se gère principalement par l'alimentation et le mouvement. La maladie de Cushing est liée au vieillissement d'une glande du cerveau, touche surtout les chevaux de plus de 15 ans, et nécessite en général un traitement médicamenteux. Les deux exposent à la fourbure.

Un cheval mince peut-il avoir un syndrome métabolique ?

Oui. Le surpoids en est une caractéristique fréquente, mais pas obligatoire. Seules des analyses de sang permettent de savoir si un cheval présente une dérégulation de l'insuline.

La maladie de Cushing se soigne-t-elle ?

Elle ne se guérit pas, mais elle se contrôle bien chez beaucoup de chevaux grâce à un traitement à vie, prescrit et suivi par le vétérinaire, associé à une alimentation et à des soins adaptés.

Faut-il tondre un cheval atteint de Cushing ?

Un cheval qui garde un poil long et épais peut transpirer beaucoup et avoir trop chaud aux beaux jours. La tonte peut alors améliorer son confort ; demandez conseil à votre vétérinaire, qui tiendra compte de l'ensemble de sa prise en charge.

Sources

  • Durham A.E. et al. (2019). ECEIM consensus statement on equine metabolic syndrome. Journal of Veterinary Internal Medicine, 33(2), 335-349.
  • Frank N. et al. (2010). Equine Metabolic Syndrome. Journal of Veterinary Internal Medicine, 24(3), 467-475.
  • McGowan T.W., Pinchbeck G.P., McGowan C.M. (2013). Prevalence, risk factors and clinical signs predictive for equine pituitary pars intermedia dysfunction in aged horses. Equine Veterinary Journal, 45(1), 74-79.
  • Equine Endocrinology Group, Recommendations for the Diagnosis and Treatment of PPID et Recommendations for the Diagnosis and Management of EMS.
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Le Guide Cheval 3F · chapitre 17

Syndrome métabolique et maladie de Cushing

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