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Santé et quotidien du cheval

Fourbure du cheval : reconnaître les signes et réagir vite

La fourbure est une inflammation des lamelles qui attachent l'os du pied à la paroi du sabot. C'est une urgence vétérinaire : plus elle est prise en charge tôt, meilleures sont les chances de récupération. Dans environ neuf cas sur dix, elle a une origine hormonale, et pas seulement « trop d'herbe ».

Mis à jour le 1er octobre 2026

Poney dans un pré de printemps fleuri de pissenlits
Photo : Jacek Plak, Pexels

Ce qui se passe dans le pied

À l'intérieur du sabot, l'os du pied (la troisième phalange) est solidement accroché à la paroi par un réseau de fines structures entrelacées : les lamelles. C'est cette attache qui permet au pied de porter tout le poids du cheval à chaque foulée.

Lors d'une fourbure, ces lamelles s'enflamment et se fragilisent. L'os n'est plus maintenu, et le tendon qui s'attache à son arrière le tire vers le bas. Selon la gravité, l'os bascule légèrement ou, dans les cas les plus sévères, s'enfonce dans le sabot jusqu'à menacer la sole. C'est ce qui rend la fourbure si douloureuse, et parfois si grave.

Reconnaître une fourbure

La fourbure touche le plus souvent les deux antérieurs, parfois les quatre pieds.

Les signes typiques :

  • une posture caractéristique : le cheval porte son poids vers l'arrière et avance ses antérieurs, comme pour soulager la pointe du pied ;
  • une réticence à se déplacer, surtout à tourner ;
  • une démarche prudente et raccourcie, nettement pire sur sol dur ;
  • des pieds chauds ;
  • un pouls digité bondissant : en posant deux doigts à l'arrière du boulet, de chaque côté, on sent battre nettement une artère qu'on perçoit à peine chez un cheval sain ;
  • dans les cas sévères, un cheval qui refuse de bouger, voire reste couché.

Les signes plus discrets, parfois annonciateurs :

  • une sensibilité inhabituelle sur les cailloux ;
  • une foulée un peu raccourcie, une légère raideur ;
  • des cercles ou des lignes irrégulières sur la paroi du sabot, repérés lors du suivi des pieds.

Ces signes discrets ne permettent pas de conclure à une fourbure : d'autres problèmes de pied ou de membre peuvent les expliquer. Mais ils méritent d'être signalés au vétérinaire, surtout chez un cheval à risque.

Que faire en attendant le vétérinaire ?

  1. Appelez immédiatement et décrivez ce que vous observez : depuis quand, quels pieds semblent touchés, ce que le cheval a mangé récemment, s'il est malade par ailleurs.
  2. Ne le faites pas marcher. Contrairement à une colique, la marche aggrave les lésions d'un pied fourbu.
  3. Installez-le sur une litière épaisse et souple, dans laquelle ses pieds s'enfoncent : elle soutient la sole et soulage la douleur.
  4. Retirez-le du pré et supprimez les aliments riches (concentrés, friandises) en lui laissant du foin et de l'eau, sauf avis contraire du vétérinaire.
  5. Ne donnez aucun médicament sans son accord, et ne retirez ni fer ni corne : c'est au vétérinaire, avec le maréchal, de décider du soutien du pied.

Pourquoi un cheval devient-il fourbu ?

La recherche distingue trois grandes voies, qui aboutissent toutes à la même dégradation des lamelles.

L'origine hormonale est de loin la plus fréquente : environ 90 % des fourbures vues en clinique. Elle est liée au syndrome métabolique équin ou à la maladie de Cushing, qui provoquent un excès d'insuline dans le sang. C'est cet excès, quand il dure, qui abîme les lamelles. Voilà pourquoi la fourbure « de printemps » ne frappe pas tous les chevaux au pré : ce n'est pas l'herbe en elle-même qui est en cause, mais la réponse hormonale d'un cheval fragile à une herbe riche en sucres.

Une maladie générale grave peut aussi la déclencher : une colique sévère, une diarrhée importante, une rétention placentaire chez la jument qui vient de pouliner. L'inflammation de tout l'organisme finit par atteindre les pieds.

La surcharge touche un cheval qui, pendant des jours ou des semaines, reporte tout son poids sur un membre pour en soulager un autre blessé. Le pied qui porte s'épuise.

Les chevaux les plus exposés

  • les poneys et les races rustiques, plus souvent concernés par le syndrome métabolique ;
  • les chevaux en surpoids, en particulier ceux dont l'encolure s'épaissit et durcit ;
  • les chevaux âgés, chez qui la maladie de Cushing est fréquente ;
  • les chevaux qui ont déjà fait une fourbure ;
  • tout cheval qui accède à une herbe jeune et riche, au printemps notamment, s'il présente l'un des points précédents.

Un cheval mince n'est pas à l'abri pour autant : l'aspect extérieur ne suffit jamais à juger du risque hormonal.

Ce que fera le vétérinaire

Il évalue la douleur et l'étendue de l'atteinte, recherche la cause, souvent par une prise de sang, et réalise fréquemment des radiographies des pieds pour voir la position de l'os. Le traitement associe en général le soulagement de la douleur, un repos strict sur litière profonde, un parage ou une ferrure adaptés et, surtout, le traitement de la cause. La rapidité de cette prise en charge pèse directement sur la suite.

Prévenir la fourbure

La prévention dépend de la cause, mais elle repose surtout sur le quotidien :

  • surveiller le poids et l'encolure, en notant régulièrement l'état corporel plutôt qu'en se fiant à l'œil ;
  • limiter les sucres et l'amidon chez les chevaux à risque : herbe jeune, céréales, friandises ;
  • maintenir une activité physique régulière, qui améliore la réponse à l'insuline ;
  • anticiper le printemps chez les chevaux sensibles, avec un accès au pré limité et progressif ;
  • faire dépister les chevaux à risque par une prise de sang, et traiter vite toute maladie grave.

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Questions fréquentes

La fourbure est-elle une urgence ?

Oui. L'IFCE la classe parmi les urgences vétérinaires : sans traitement, l'inflammation progresse dans le pied d'heure en heure. Appelez dès les premiers signes, sans attendre de voir si cela passe.

Un cheval fourbu peut-il guérir ?

Cela dépend de la gravité de l'atteinte et de la rapidité de la prise en charge. Beaucoup de chevaux retrouvent une vie confortable avec une gestion adaptée ; une atteinte sévère peut laisser des séquelles durables. Seul le vétérinaire peut évaluer le pronostic, souvent à l'aide de radiographies.

La fourbure ne touche-t-elle que les poneys ?

Non. Les poneys et les races rustiques sont plus souvent concernés, mais un cheval de toute race peut faire une fourbure, notamment s'il est en surpoids, âgé, atteint de la maladie de Cushing, ou à la suite d'une maladie grave.

Peut-on remettre au pré un cheval qui a fait une fourbure ?

C'est une décision à prendre avec le vétérinaire, selon la cause et l'état des pieds. Lorsque la fourbure est d'origine hormonale, l'accès à l'herbe est souvent limité et encadré, durablement.

Sources

  • IFCE, Équipédia, La fourbure.
  • Karikoski N.P., Horn I., McGowan T.W., McGowan C.M. (2011). The prevalence of endocrinopathic laminitis among horses presented for laminitis at a first-opinion/referral equine hospital. Domestic Animal Endocrinology, 41(3), 111-117.
  • Menzies-Gow N.J. et al. (2017). Prospective cohort study evaluating risk factors for the development of pasture-associated laminitis in the United Kingdom. Equine Veterinary Journal, 49(3), 300-306.
  • Durham A.E. et al. (2019). ECEIM consensus statement on equine metabolic syndrome. Journal of Veterinary Internal Medicine, 33(2), 335-349.
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