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Santé et quotidien du chevalColique chez le cheval : les signes et que faire en attendant le vétérinaire
Une colique, c'est une douleur au ventre. Le mot ne désigne pas une maladie précise mais un symptôme, qui peut cacher aussi bien un simple excès de gaz qu'une torsion de l'intestin nécessitant une opération en urgence. Au moment où les signes apparaissent, personne ne peut savoir laquelle de ces situations est en cause sans examen : c'est pourquoi toute colique justifie d'appeler le vétérinaire.
Mis à jour le 1er octobre 2026

Les signes d'une colique
Ils peuvent être discrets au début, puis s'intensifier.
Les premiers signes, souvent discrets :
- il mange moins, plus lentement, ou laisse sa ration ;
- il est agité, change souvent de position ;
- il regarde ses flancs, se mordille le ventre ;
- il gratte le sol avec un antérieur ;
- il fait moins de crottins que d'habitude, ou plus du tout.
Les signes plus marqués :
- il se couche et se relève à répétition ;
- il se roule, parfois violemment ;
- il transpire sans avoir travaillé ;
- son ventre paraît gonflé ;
- il respire vite, son cœur bat vite.
Si vous savez le faire, prenez sa fréquence cardiaque et observez la couleur de ses gencives : ce sont des informations précieuses pour le vétérinaire au téléphone. Collez aussi l'oreille contre son flanc : un ventre qui ne « gargouille » plus est un signe qu'il voudra connaître.
Que faire en attendant le vétérinaire ?
- Appelez immédiatement. Décrivez précisément : depuis quand, quels signes, dernier repas, dernier crottin, fréquence cardiaque si vous l'avez.
- Retirez le foin et les aliments, pour ne pas aggraver une éventuelle obstruction, sauf avis contraire du vétérinaire.
- Ne donnez aucun médicament sans son accord, en particulier aucun anti-inflammatoire ni antidouleur.
- Faites-le marcher au pas, calmement, si le vétérinaire vous le conseille et si le cheval le supporte. Ne le forcez jamais s'il est épuisé.
- Évitez qu'il se roule violemment, mais sans jamais vous mettre en danger : un cheval en pleine douleur peut frapper ou s'effondrer sans prévenir.
- Préparez le transport, au cas où une hospitalisation serait nécessaire.
Pourquoi le cheval fait-il des coliques ?
Son tube digestif est long et sinueux, avec des rétrécissements et des coudes, surtout au niveau du gros intestin. Ce sont des points fragiles, où l'intestin peut se boucher, se déplacer ou se vriller.
Derrière le mot colique se cachent donc des situations très différentes :
- une colique gazeuse, due à une production excessive de gaz : très douloureuse, elle se résout souvent sans traitement lourd ;
- une impaction, un bouchon d'aliments mal digérés qui obstrue l'intestin ;
- une colique spasmodique, faite de contractions intestinales douloureuses ;
- un déplacement d'une portion du côlon ;
- une torsion, la forme la plus grave : l'intestin se vrille, sa circulation sanguine est coupée, et seule une chirurgie rapide peut le sauver.
La plupart des coliques se résolvent avec un traitement médical. Une minorité exige une opération en urgence.
Les facteurs de risque
Les coliques ont rarement une cause unique. Une revue de la littérature scientifique publiée en 2019 a fait ressortir plusieurs facteurs liés à la façon dont le cheval est nourri et logé, donc sur lesquels on peut agir :
- une alimentation riche en concentrés ;
- un changement récent de ration ;
- un changement récent d'hébergement ou d'écurie.
D'autres études y ajoutent un temps important passé au box, un changement récent d'exercice, un parasitisme mal maîtrisé, une eau insuffisante, surtout en hiver, et le fait d'avoir déjà fait une colique.
Ce que fera le vétérinaire
Il examine le cheval : fréquence cardiaque et respiratoire, gencives, température, bruits du ventre. Il réalise souvent un examen rectal, parfois une échographie, et peut passer une sonde par le nez jusqu'à l'estomac, à la fois pour vérifier qu'il ne s'y accumule pas de liquide et pour administrer un traitement. Selon ce qu'il trouve, il traite sur place ou oriente le cheval vers une clinique équine.
Prévenir les coliques au quotidien
Aucune mesure ne garantit qu'un cheval ne fera jamais de colique. Mais le quotidien réduit nettement le risque :
- un accès au fourrage réparti sur la journée, sans longues heures de jeûne ;
- des transitions alimentaires progressives, sur 7 à 10 jours, à chaque changement de foin ou de concentré ;
- une eau propre, toujours disponible, et surveillée par temps de gel ;
- du mouvement libre chaque jour plutôt qu'une vie confinée au box ;
- une gestion des parasites et un suivi dentaire à jour ;
- une vigilance accrue lors des changements : nouvelle écurie, nouvelle saison, retour de transport.
Ces points sont exactement ceux qu'examine le bilan Cheval 3F, qui signale ce qui peut être amélioré dans l'alimentation, le mouvement et l'environnement de votre cheval.
Questions fréquentes
Faut-il faire marcher un cheval en colique ?
Une marche calme au pas peut aider et limiter l'envie de se rouler, si le vétérinaire le conseille et si le cheval le supporte. Ne le forcez jamais à marcher s'il est épuisé ou en grande détresse.
Une colique peut-elle passer toute seule ?
Certaines coliques bénignes se résolvent spontanément, mais on ne peut pas savoir à l'avance lesquelles. C'est précisément pour cela qu'il faut appeler dès les premiers signes, sans attendre de voir comment les choses évoluent.
Peut-on donner un antidouleur en attendant ?
Non, pas sans l'accord du vétérinaire. Un antidouleur masque les signes qui lui permettent de juger de la gravité, et peut retarder le diagnostic d'une forme qui demande une opération.
Pourquoi y a-t-il plus de coliques en hiver ?
Le cheval boit souvent moins quand l'eau est froide ou gelée, il passe plus de temps au box et bouge moins, et sa ration change avec la saison. Ce sont autant de facteurs de risque connus : surveillez particulièrement l'abreuvement par temps froid.
Sources
- IFCE, Équipédia, Origines des coliques chez le cheval.
- Curtis L., Burford J.H., England G.C.W., Freeman S.L. (2019). Risk factors for acute abdominal pain (colic) in the adult horse: A scoping review of risk factors, and a systematic review of the effect of management-related changes. PLoS ONE, 14(7), e0219307.
- Tinker M.K. et al. (1997). Prospective study of equine colic incidence and mortality. Equine Veterinary Journal, 29(6), 448-453.
- Hillyer M.H. et al. (2002). Case control study to identify risk factors for simple colonic obstruction and distension colic in horses. Equine Veterinary Journal, 34, 455-463.
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