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Santé et quotidien du chevalCoup de sang chez le cheval : reconnaître la myosite d'effort
Un cheval qui peine soudainement à avancer après l'effort, les muscles de la croupe et du dos durs et douloureux, des urines anormalement foncées : ce tableau, souvent appelé coup de sang, correspond à une destruction musculaire brutale qui demande d'agir avec précaution.
Mis à jour le 1er octobre 2026

Qu'est-ce que le coup de sang ?
Le coup de sang est le nom courant d'une affection brutale des muscles du dos et de la croupe, survenant pendant ou après un exercice. Le terme médical est la rhabdomyolyse d'exercice, c'est-à-dire une destruction du tissu musculaire liée à l'effort. On parle parfois de « maladie du lundi », car elle se déclare fréquemment à la reprise du travail après un ou plusieurs jours de repos complet.
Deux formes différentes
Il existe deux types de rhabdomyolyses à l'exercice. Les formes occasionnelles, liées à des facteurs environnementaux ponctuels (reprise après un repos, effort inhabituel, conditions climatiques). Et les formes chroniques ou récidivantes, liées à un trouble propre au cheval, favorisé par des facteurs environnementaux : c'est notamment le cas de la PSSM de type 1, déjà rencontrée chez certains chevaux de trait et certaines races apparentées au Quarter Horse, due à une mutation d'un gène précis (GYS1) qui pousse les muscles à stocker le sucre sous forme de glycogène au lieu de le garder disponible comme source d'énergie immédiate. Cette mutation se transmet de façon dominante : un seul parent porteur suffit à transmettre le risque au poulain. Chez ces chevaux, adapter l'alimentation (moins de sucres et d'amidon, en évitant les céréales, davantage de matières grasses comme source d'énergie) fait partie intégrante de la prise en charge, aux côtés d'un exercice régulier.
Reconnaître les signes
Les signes apparaissent pendant ou juste après l'effort : des crampes musculaires douloureuses, en particulier au niveau du dos et de la croupe, une sudation importante, une réticence voire un refus d'avancer, et des urines anormalement foncées, un signe qui traduit la libération dans le sang puis les urines de pigments musculaires. Une prise de sang confirme le diagnostic en mettant en évidence une forte élévation de deux enzymes musculaires, la créatine kinase (CK) et les ASAT (anciennement ASAT/AST), qui dépasse largement leurs valeurs normales dans les formes aiguës.
Pourquoi la perfusion est souvent nécessaire
Les pigments musculaires libérés dans le sang lors de la destruction du muscle (la myoglobine) sont filtrés par les reins et peuvent les endommager s'ils sont trop concentrés, surtout chez un cheval déjà déshydraté par la sudation de l'effort. C'est pourquoi une perfusion intraveineuse est souvent mise en place par le vétérinaire dans les formes marquées : elle maintient une bonne irrigation des reins et facilite l'élimination de ces pigments, en plus de corriger la déshydratation.
Pourquoi ne jamais faire marcher un cheval en crise
La première règle en cas de coup de sang est d'éviter de déplacer le cheval, pour ne pas aggraver la destruction musculaire en cours. C'est un réflexe contre-intuitif, car on pourrait être tenté de le faire marcher pour le dégourdir, mais c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire tant qu'un vétérinaire n'a pas évalué la situation.
Questions fréquentes
Pourquoi appelle-t-on ça la « maladie du lundi » ?
Parce qu'elle se déclare souvent à la reprise du travail après un ou plusieurs jours de repos complet, en particulier si la ration n'a pas été ajustée en conséquence pendant cette pause.
Peut-on faire marcher un cheval en coup de sang pour le soulager ?
Non, c'est au contraire une erreur à éviter : le déplacement peut aggraver la destruction musculaire en cours. Mettez le cheval au calme et attendez l'avis du vétérinaire.
Un cheval qui fait des coups de sang à répétition a-t-il un problème particulier ?
C'est possible : les formes récidivantes sont liées à un trouble propre au cheval, par exemple une myopathie génétique comme la PSSM de type 1, due à une mutation génétique précise et identifiable par un test. Un bilan vétérinaire est recommandé après un épisode, et plus encore en cas de récidive.
Pourquoi le vétérinaire met-il parfois mon cheval sous perfusion après un coup de sang ?
Parce que les pigments musculaires libérés par la destruction du muscle peuvent abîmer les reins s'ils restent trop concentrés, surtout chez un cheval déshydraté par l'effort. La perfusion protège les reins et facilite leur élimination.
Sources
- IFCE, Équipédia, Le syndrome coup de sang.
- Dietary control of exertional rhabdomyolysis in horses, Journal of the American Veterinary Medical Association (JAVMA).
- Université du Minnesota, Equine Genetics and Genomics Laboratory, Recurrent Exertional Rhabdomyolysis / PSSM.
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