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Santé et quotidien du chevalDermite estivale du cheval : comprendre l'allergie et soulager les démangeaisons
La dermite estivale récidivante est une allergie à la salive de minuscules moucherons piqueurs, les culicoïdes. Elle provoque des démangeaisons intenses, surtout à la crinière et à la base de la queue, qui reviennent chaque printemps. Elle ne se guérit pas, mais elle se gère bien, à condition de commencer tôt dans la saison.
Mis à jour le 1er octobre 2026

Une allergie, pas une infection ni un manque de soins
La dermite estivale n'est pas causée par un parasite qui vivrait sur le cheval, ni par un défaut d'hygiène. Quand un culicoïde pique, sa salive contient des substances qui facilitent la piqûre. Chez la plupart des chevaux, elles ne provoquent presque rien. Chez un cheval sensibilisé, le système immunitaire réagit de façon excessive : c'est cette réaction, et non la piqûre elle-même, qui abîme la peau.
Tous les chevaux ne sont pas égaux face à cette allergie. Selon les populations étudiées, elle toucherait de 3 à 60 % des chevaux, avec une composante génétique : elle est particulièrement fréquente chez certaines races, comme les chevaux islandais nés en Islande puis exportés, ou les Shetland.
Reconnaître la dermite estivale
Les signes apparaissent au printemps et en été, s'aggravent au fil de la saison, puis régressent en hiver. Faute de prise en charge, ils reviennent généralement plus tôt et plus fort d'une année à l'autre.
Les zones touchées sont celles où la peau est fine et où les moucherons se posent :
- la base de la queue ;
- la crinière et le garrot ;
- parfois la ligne du ventre.
On observe :
- des démangeaisons intenses, le signe principal : le cheval se frotte contre les clôtures, les arbres, les murs ;
- des crins cassés, une crinière et une queue clairsemées ;
- des petits boutons, des croûtes, une peau qui s'épaissit à force de frottements ;
- dans les cas sévères, des zones sans poils, à vif, parfois infectées.
Prévenir : limiter les piqûres
Toute la prévention repose sur un principe : réduire au maximum le contact avec les culicoïdes, surtout aux heures où ils sont actifs.
Dans votre écurie :
- rentrer le cheval aux heures à risque, au box ou dans un abri fermé, idéalement équipé de moustiquaires à mailles fines ;
- éloigner le pâturage des zones humides (mares, eau stagnante, terrain boueux), où les culicoïdes se reproduisent ;
- utiliser une couverture anti-insectes à mailles serrées, couvrant le corps et l'encolure, et selon les modèles la tête et la queue ;
- appliquer des répulsifs adaptés au cheval, en respectant leur fréquence d'application, car leur efficacité est souvent limitée dans le temps ;
- installer des ventilateurs dans les boxes : les culicoïdes volent mal dans l'air brassé.
Commencez tôt, dès le retour des beaux jours et avant même les premiers signes : il est bien plus facile d'empêcher l'inflammation de s'installer que de la calmer une fois installée.
Soulager une crise
Une fois les démangeaisons présentes, la prise en charge vise à calmer l'inflammation, tout en continuant à limiter les piqûres. Selon la sévérité, le vétérinaire peut proposer des soins à appliquer sur la peau ou, dans les cas plus marqués, un traitement général. Les zones abîmées, parfois infectées à force de grattage, peuvent demander des soins particuliers.
Ne laissez pas un cheval se gratter sans contrôle pendant des semaines : au-delà de l'inconfort, les lésions chroniques s'infectent et deviennent plus difficiles à soigner.
Pourquoi c'est pire après un déménagement
Un point surprend souvent : la dermite peut s'aggraver après un changement d'écurie. Le cheval y rencontre des populations de culicoïdes différentes, dont les allergènes diffèrent légèrement, et son système immunitaire réagit d'abord plus fort. Si vous déménagez un cheval sensible, renforcez la protection dès son arrivée.
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Questions fréquentes
La dermite estivale est-elle contagieuse ?
Non. C'est une allergie propre à chaque cheval, pas une infection. Un cheval atteint ne la transmet pas à ses voisins de pré, même si plusieurs chevaux sensibles peuvent souffrir en même temps des mêmes moucherons.
La dermite estivale se guérit-elle ?
Il n'existe pas, à ce jour, de traitement qui la guérisse définitivement. Mais une prévention rigoureuse, mise en place chaque printemps, permet à la plupart des chevaux atteints de passer l'été avec des lésions minimes, voire sans lésion.
Quand mettre la couverture anti-insectes ?
Dès le retour des beaux jours, avant l'apparition des premiers signes, et en priorité aux heures où les culicoïdes sont actifs, au crépuscule et tôt le matin.
Mon cheval se gratte : est-ce forcément une dermite ?
Non. Des poux, une gale, une autre allergie ou une maladie de peau peuvent aussi provoquer des démangeaisons. Le caractère saisonnier et les zones touchées orientent, mais c'est au vétérinaire de confirmer.
Sources
- IFCE, Équipédia, La dermatite estivale récidivante des équidés (dermite).
- IFCE, Équipédia, Lutte contre les insectes ailés.
- Réseau d'épidémio-surveillance en pathologie équine (RESPE), Dermite estivale.
- van Grevenhof E.M. et al., travaux de génétique sur l'hypersensibilité aux piqûres d'insectes chez le cheval islandais et le Shetland.
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