Accueil › Conseils › La mise à l'herbe
Santé et quotidien du chevalMise à l'herbe au printemps : comment l'introduire sans risque
Le retour au pré après l'hiver est un moment attendu, pour le cheval comme pour son propriétaire. C'est aussi l'un des changements alimentaires qui méritent le plus de prudence : l'herbe jeune de printemps est riche en sucres, et certains chevaux y sont particulièrement sensibles.
Mis à jour le 1er octobre 2026

Pourquoi la transition doit être progressive
Le microbiote du gros intestin, qui digère les fibres, met du temps à s'adapter à un nouvel aliment. Un changement brutal, comme le passage soudain du box ou d'une ration de foin à l'herbe de printemps, peut le déséquilibrer. La règle générale pour tout changement alimentaire est de procéder progressivement, sur une à deux semaines.
Pour la mise à l'herbe en particulier : commencez par quelques dizaines de minutes le premier jour, puis augmentez progressivement le temps de pâturage au fil des jours suivants, plutôt que de lâcher directement le cheval une journée entière dans un pré déjà bien poussé.
Le lien avec la fourbure
L'herbe de printemps peut être très riche en sucres. Chez un cheval métaboliquement fragile, cette richesse en sucres fait grimper le taux d'insuline, ce qui peut endommager les lamelles du pied et déclencher une fourbure. Il faut être précis sur ce point : ce n'est pas l'herbe en elle-même qui est en cause, mais la façon dont un cheval métaboliquement fragile y répond. Les chevaux les plus à risque sont les races rustiques, les poneys, les chevaux en surpoids, les chevaux âgés, et ceux atteints de syndrome métabolique ou de maladie de Cushing.
Pour ces chevaux à risque, la prudence autour de la mise à l'herbe fait partie des mesures de prévention de la fourbure, aux côtés de la maîtrise du poids et du suivi vétérinaire.
Le moment de la journée compte aussi
La teneur en sucres de l'herbe n'est pas constante au fil de la journée : elle est au plus bas tôt le matin, après une nuit pendant laquelle la plante a consommé une partie de ses réserves, et augmente progressivement pour atteindre son maximum en fin d'après-midi et en soirée, sous l'effet de la photosynthèse. Pour un cheval à risque, faire pâturer plutôt en tout début de matinée qu'en fin de journée réduit donc la quantité de sucres ingérée, à durée de pâturage égale. Ce repère s'inverse après une nuit de gel : par temps froid, la plante consomme beaucoup moins ses réserves pendant la nuit, si bien que les sucres accumulés la veille au soir restent à un niveau élevé jusque tard le lendemain matin. Après une nuit de gel, mieux vaut donc, pour un cheval sensible, décaler le pâturage plus tard dans la matinée plutôt que de le sortir tôt.
Les autres transitions qui suivent le même principe
La même prudence progressive s'applique à un changement de concentré, à un nouveau lot de foin, surtout s'il vient d'une autre parcelle ou d'une autre coupe, et au retour au foin à l'automne pour un cheval qui a passé l'été au pré.
Questions fréquentes
Combien de temps pour une mise à l'herbe progressive ?
Commencez par quelques dizaines de minutes le premier jour, puis augmentez progressivement sur une à deux semaines, le temps que le microbiote intestinal s'adapte au changement.
Quels chevaux sont les plus à risque avec l'herbe de printemps ?
Les races rustiques, les poneys, les chevaux en surpoids, les chevaux âgés et ceux atteints de syndrome métabolique ou de maladie de Cushing, chez qui l'excès de sucres peut déclencher une fourbure.
Faut-il supprimer l'herbe de printemps pour un cheval à risque ?
Pas nécessairement, mais la mise à l'herbe doit se décider avec le vétérinaire : temps de pâturage limité, horaires adaptés, ou pré moins riche en herbe peuvent permettre d'en profiter malgré tout.
À quel moment de la journée les sucres de l'herbe sont-ils les plus bas ?
En tout début de matinée, après que la plante a consommé une partie de ses réserves pendant la nuit. Les sucres remontent ensuite au fil de la journée pour culminer en fin d'après-midi. Exception importante : après une nuit de gel, les sucres restent élevés une bonne partie de la matinée suivante.
Sources
- IFCE, Équipédia, La digestion chez le cheval.
- IFCE, Équipédia, Alimentation et bien-être du cheval.
- Oregon State University Extension, Understanding Sugar and Nonstructural Carbohydrates in Equine Pasture and Hay.
- Rutgers NJAES, Non-structural Carbohydrates and Equine Pastures.
Faites le point sur le quotidien de votre cheval
Alimentation, vie sociale, mouvement, environnement : le bilan Cheval 3F repère ce qui peut être amélioré, et ce qui demande l'avis d'un professionnel.
Commencer le bilanComprendre l'alimentation
Le chapitre complet : les mécanismes, la prévention au quotidien, ce qu'il faut observer mois après mois, et ses sources.
Découvrir le guide