Accueil › Conseils › La myopathie atypique

Santé et quotidien du cheval

Myopathie atypique du cheval : le danger des graines d'érable sycomore

Certaines plantes présentes dans les prés, les haies ou à leurs abords sont dangereuses pour les chevaux. Parmi elles, l'érable sycomore occupe une place à part : ses graines et ses jeunes pousses peuvent provoquer la myopathie atypique, une maladie musculaire grave et souvent mortelle.

Mis à jour le 1er octobre 2026

Graine d'érable (samare) au sol dans l'herbe
Photo : TheShutterVision, Pexels

Une plante à connaître

L'érable sycomore produit des graines reconnaissables, surnommées les « hélicoptères » en raison de leurs deux ailes. Ce sont ces graines, ainsi que les jeunes pousses de l'arbre, qui peuvent provoquer la myopathie atypique chez le cheval en cas d'ingestion. La maladie survient surtout à l'automne, période de chute des graines, et au printemps, lors de l'apparition des jeunes pousses.

Apprenez à reconnaître l'érable sycomore et ses graines dans vos parcelles et leurs abords. L'IFCE met à disposition des ressources pour identifier cette plante, ainsi que les autres plantes toxiques pour le cheval, comme le séneçon de Jacobée ou l'if.

Une toxine qui épuise les muscles de l'intérieur

La toxine en cause, l'hypoglycine A, est transformée dans l'organisme du cheval en un composé qui bloque une étape clé de la production d'énergie par les cellules musculaires. Privées de cette source d'énergie, les fibres des muscles les plus sollicités en permanence (les muscles posturaux du dos et de la respiration, en particulier) se détruisent progressivement. C'est ce mécanisme qui explique à la fois la brutalité des signes et le fait que l'issue se joue souvent en quelques heures.

Une mortalité très élevée, y compris en France

Les grandes vagues de myopathie atypique recensées en Europe donnent une idée de sa gravité réelle. À l'automne 2009, 371 cas ont été recensés à travers l'Europe, avec une mortalité proche de 80 %. À l'automne 2016, plus de 275 cas ont été enregistrés, dont 181 en France, le pays le plus touché cette année-là, avec une mortalité moyenne d'environ 69 %. Dans les deux cas, les trois quarts des chevaux qui ne survivent pas meurent dans les 72 heures suivant les premiers signes. Ces chiffres expliquent pourquoi le moindre doute d'ingestion justifie un appel immédiat, avant même l'apparition de signes marqués.

Pourquoi la vigilance compte particulièrement

La myopathie atypique touche les muscles du cheval et peut évoluer rapidement, ce qui explique qu'elle soit souvent mortelle. C'est précisément pour cette raison que le signalement doit être immédiat, avant même l'apparition de signes marqués : en cas d'ingestion connue ou suspectée, une surveillance rapprochée et un avis vétérinaire sans délai sont la meilleure protection.

Un pré bien entretenu, où le cheval dispose de suffisamment d'herbe et de fourrage, limite la tentation de brouter au sol près des arbres concernés. Un tour régulier des parcelles permet aussi de repérer la présence de graines ou de jeunes pousses, en particulier après du vent.

Questions fréquentes

À quelle période la myopathie atypique est-elle la plus fréquente ?

Surtout à l'automne, lors de la chute des graines d'érable sycomore, et au printemps, lors de l'apparition des jeunes pousses.

Comment reconnaître un érable sycomore dans un pré ?

Ses graines à deux ailes, appelées « hélicoptères », sont le signe le plus facile à repérer au sol. L'IFCE propose des ressources d'identification des plantes toxiques pour le cheval.

Que faire si mon cheval a probablement mangé des graines d'érable ?

Appelez votre vétérinaire sans attendre, même si votre cheval ne montre encore aucun signe. Surveillez-le de près dans les heures qui suivent : raideur, urines foncées ou difficulté à se déplacer doivent être signalées immédiatement.

Quelles sont les chances de survie en cas de myopathie atypique ?

Elles restent malheureusement faibles une fois les signes installés : les grandes séries européennes rapportent une mortalité de l'ordre de 70 à 80 %, avec un décès dans les 72 heures pour la majorité des chevaux qui ne survivent pas. C'est pourquoi la prévention et l'alerte précoce comptent davantage que le traitement une fois la maladie déclarée.

Sources

  • IFCE, Équipédia, ressources sur les plantes toxiques pour le cheval.
  • La Semaine Vétérinaire, Implication de l'hypoglycine A dans la myopathie saisonnière équine.
  • Grandes séries européennes de myopathie atypique, automnes 2009 et 2016 (données de mortalité et de répartition géographique).
Gratuit · 10 minutes

Faites le point sur le quotidien de votre cheval

Alimentation, vie sociale, mouvement, environnement : le bilan Cheval 3F repère ce qui peut être amélioré, et ce qui demande l'avis d'un professionnel.

Commencer le bilan
Le Guide Cheval 3F · chapitre 5

Un environnement adapté

Le chapitre complet : les mécanismes, la prévention au quotidien, ce qu'il faut observer mois après mois, et ses sources.

Découvrir le guide