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Santé et quotidien du chevalRétention placentaire chez la jument : une urgence après le poulinage
Le poulinage s'est bien passé, le poulain est né : ce n'est pourtant pas le moment de relâcher la surveillance. La rétention placentaire, la complication la plus fréquente du poulinage, se joue dans les heures qui suivent la naissance.
Mis à jour le 1er octobre 2026

Qu'est-ce que la rétention placentaire ?
On parle de rétention placentaire lorsque la délivrance, l'expulsion du placenta, n'a pas eu lieu dans les trois heures suivant le poulinage. En pratique, il est recommandé d'appeler le vétérinaire dès que le placenta n'est pas expulsé deux heures après la naissance, sans attendre ce délai de trois heures. C'est la complication la plus fréquente du poulinage, représentant entre 2 et 10 % des cas.
Reconnaître les signes
Les signes visibles comprennent des lambeaux de membranes qui pendent encore à la vulve, un écoulement malodorant, ou l'absence d'expulsion complète du placenta plusieurs heures après la naissance. Une chaleur anormale, un rythme cardiaque accéléré ou une dégradation de l'état général de la jument peuvent annoncer une réaction infectieuse déjà en cours.
Comment le vétérinaire traite la rétention placentaire
Le traitement de référence repose sur l'ocytocine, une hormone qui stimule les contractions utérines : dans la majorité des cas, elle suffit à déclencher l'expulsion des membranes restantes, associée si besoin à une antibiothérapie et à une prévention de la fourbure. L'extraction manuelle du placenta, par traction, n'est en revanche pas une technique de choix : elle comporte des risques réels, car il est très difficile de détacher les villosités placentaires sans en arracher une partie, même avec la plus grande délicatesse, ce qui peut aggraver la contamination de l'utérus. Elle n'est envisagée qu'en dernier recours, si les autres traitements échouent, et toujours avec une traction aussi douce que possible. Pour une jument présentant des facteurs de risque importants, certains vétérinaires choisissent de traiter de façon systématique dès la troisième heure suivant le poulinage, sans attendre l'apparition de signes.
Pourquoi c'est une urgence
Un placenta qui reste dans l'utérus se décompose, ce qui entraîne la production de toxines bactériennes. Ces toxines peuvent provoquer une infection utérine, une septicémie, et surtout une fourbure aiguë, une complication grave et potentiellement très sérieuse pour la jument, qui doit se remettre du poulinage tout en gérant déjà la suite des soins au poulain. C'est l'ensemble de ces risques qui fait de la rétention placentaire une véritable urgence vétérinaire, et non une simple formalité à surveiller sans urgence.
Questions fréquentes
Au bout de combien de temps faut-il s'inquiéter pour le placenta après un poulinage ?
Appelez le vétérinaire si le placenta n'est pas expulsé dans les deux heures suivant la naissance. On parle formellement de rétention au-delà de trois heures, mais mieux vaut agir dès la deuxième heure.
Pourquoi la rétention placentaire est-elle si dangereuse pour la jument ?
Le placenta qui reste dans l'utérus se décompose et libère des toxines bactériennes, qui peuvent provoquer une infection utérine, une septicémie, et une fourbure aiguë chez la jument.
Faut-il examiner le placenta même quand il est expulsé normalement ?
Oui, c'est une bonne pratique : examiner le placenta après le poulinage, pour vérifier qu'il est complet, fait partie du suivi recommandé par les ressources d'élevage équin, même en l'absence de rétention.
Peut-on retirer le placenta soi-même en tirant dessus ?
Non, c'est fortement déconseillé. Une traction mal maîtrisée risque de déchirer les villosités placentaires et d'aggraver la contamination de l'utérus. Seul le vétérinaire décide, en dernier recours, d'une extraction manuelle, toujours avec une grande prudence.
Sources
- IFCE, Équipédia, Pourquoi examiner le placenta après le poulinage ?
- IFCE, Équipédia, Le poulinage.
- Pratique Vétérinaire Equine, Gestion d'une rétention placentaire chez la jument.
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