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Santé et quotidien du cheval

Botulisme chez le cheval : une urgence neurologique rare mais grave

Le cheval est, parmi les animaux domestiques, le plus sensible au botulisme : une maladie neurologique grave, rare, causée par une toxine bactérienne qui bloque progressivement la communication entre les nerfs et les muscles.

Mis à jour le 1er octobre 2026

Cheval couché dans l'herbe, en noir et blanc
Photo : Akhil Gautam, Pexels

Qu'est-ce que le botulisme ?

Le botulisme est une maladie neuroparalytique causée par la toxine produite par la bactérie Clostridium botulinum, une bactérie formant des spores que l'on trouve couramment dans le sol et dans les matières organiques en décomposition. Les signes apparaissent de quelques heures à environ une semaine après l'exposition à la toxine, selon la quantité ingérée.

Reconnaître les signes

La toxine bloque la libération d'un messager nerveux au niveau des terminaisons des nerfs, ce qui provoque une faiblesse bilatérale, symétrique et descendante, débutant typiquement par les nerfs de la tête : difficulté à avaler, diminution du tonus de la langue et des lèvres, paupières tombantes. Cette faiblesse peut ensuite s'étendre vers le corps, avec un risque d'atteinte des muscles respiratoires dans les formes les plus graves. Il n'y a pas de perte de sensibilité associée : c'est bien la force musculaire qui est touchée, pas la perception. C'est l'inverse de ce qui se passe en cas de rage, où l'animal devient au contraire hypersensible et agité.

D'où vient l'exposition à la toxine

L'exposition se produit le plus souvent par ingestion d'aliments contaminés par la toxine déjà formée, en particulier du fourrage mal conservé contenant des débris de carcasses d'animaux (petits rongeurs notamment), ou, plus rarement, par la contamination d'une plaie dans laquelle la bactérie se développe. Une alimentation stockée dans de mauvaises conditions, en particulier l'ensilage ou l'enrubannage mal conservés, est régulièrement associée aux épisodes de botulisme chez le cheval.

Le cas particulier du poulain : le « shaker foal syndrome »

Chez le très jeune poulain, le botulisme peut prendre une forme différente, parfois appelée « syndrome du poulain tremblant ». Dans ce cas, ce ne sont pas des aliments contaminés par la toxine qui sont en cause, mais des spores de la bactérie, avalées puis germées directement dans l'intestin du poulain, où elles produisent la toxine sur place. Les signes se recoupent avec ceux de l'adulte (faiblesse progressive, difficulté à téter), mais le pronostic diffère nettement : avec une prise en charge adaptée, la grande majorité des poulains survit, un taux de guérison bien supérieur à celui observé chez le cheval adulte.

Un vaccin, mais partiel

Il existe un vaccin contre le botulisme, efficace contre le type de toxine le plus fréquemment en cause chez le cheval, mais qui ne protège pas contre les autres types. Les juments gestantes peuvent être vaccinées avant le poulinage pour transmettre une protection à leur poulain par le colostrum, une option à discuter avec votre vétérinaire dans les élevages déjà touchés ou dans les zones à risque.

Questions fréquentes

Le botulisme du cheval est-il fréquent ?

Non, c'est une maladie rare, mais le cheval y est particulièrement sensible parmi les animaux domestiques, ce qui justifie de la connaître même si la probabilité d'y être confronté reste faible.

Comment un cheval peut-il être exposé au botulisme ?

Le plus souvent par un fourrage mal conservé, en particulier de l'ensilage ou de l'enrubannage, pouvant contenir des débris de carcasses d'animaux où la bactérie s'est développée. Une plaie contaminée est une autre voie possible, plus rare.

Quels sont les premiers signes à surveiller ?

Une difficulté à avaler, un relâchement du tonus des lèvres ou des paupières, et une faiblesse qui progresse de façon symétrique. Ces signes, même discrets au début, justifient un appel immédiat au vétérinaire.

Le botulisme est-il mortel chez le cheval ?

Chez le cheval adulte, la maladie reste fatale dans environ la moitié des cas malgré les soins. Chez le poulain atteint du syndrome du poulain tremblant, le pronostic est nettement meilleur avec un traitement adapté. La guérison, quand elle survient, demande du temps : jusqu'à dix jours pour retrouver la capacité à déglutir normalement, et parfois jusqu'à trois mois pour une récupération complète dans les formes sévères.

Existe-t-il un vaccin contre le botulisme chez le cheval ?

Oui, mais il ne protège que contre le type de toxine le plus fréquemment responsable de la maladie chez le cheval, pas contre tous les types. Il peut être proposé aux juments gestantes pour protéger le poulain par le colostrum, en particulier dans les élevages ou régions déjà concernés.

Sources

  • ANSES, Rapport sur le botulisme d'origine aviaire et bovine (biologie de la bactérie et de la toxine).
  • Manuel Merck, édition professionnelle, Botulisme.
  • UC Davis Center for Equine Health, Botulism.
  • Use of Botulism Antitoxin Heptavalent (A, B, C, D, E, F, G), Equine (BAT), revue systématique, PubMed Central.
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