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Santé et quotidien du cheval

Fibrillation auriculaire chez le cheval : quand le rythme devient chaotique

Un cheval qui perd soudainement ses moyens à l'effort, sans boiterie ni autre cause évidente, avec une récupération anormalement longue après le travail : ce tableau peut évoquer la fibrillation auriculaire, l'arythmie cardiaque qui affecte le plus souvent la performance du cheval.

Mis à jour le 1er octobre 2026

Chevaux de course montés par des jockeys
Photo : Ulrick T, Pexels

Qu'est-ce que la fibrillation auriculaire ?

La fibrillation auriculaire est un trouble du rythme cardiaque caractérisé par une activité électrique chaotique au niveau des oreillettes du cœur, qui se traduit par un rythme rapide et irrégulièrement irrégulier. À l'auscultation, le vétérinaire perçoit une intensité changeante des bruits cardiaques, sans régularité repérable.

Reconnaître les signes

Le signe le plus caractéristique est une baisse de performance, parfois une intolérance marquée à l'effort, une faiblesse, voire un effondrement pendant l'exercice dans les cas les plus sévères. D'autres chevaux présentent un tableau plus discret : une simple baisse de niveau, une récupération anormalement longue après l'effort, ou une fatigue inhabituelle.

Qui est le plus exposé ?

Les chevaux de performance (course, polo, concours complet) sont les plus souvent touchés, avec une fréquence plus élevée chez certaines races ou types, dont les Standardbred, les chevaux de sang et les chevaux de trait, en particulier en présence d'un souffle cardiaque préexistant comme une insuffisance mitrale. Chez une partie des chevaux, appelée fibrillation auriculaire « isolée », aucune anomalie structurelle du cœur n'est retrouvée aux examens habituels : des déséquilibres électrolytiques ou des variations du système nerveux pendant l'effort peuvent alors jouer un rôle déclenchant.

Le traitement

Le traitement médical de référence consiste à administrer du sulfate de quinidine par sonde naso-gastrique, à intervalles réguliers, jusqu'au retour à un rythme normal : son efficacité varie selon les études entre 65 et 89 % des cas. Pour les cas résistants à ce traitement, ou les formes installées depuis longtemps, la cardioversion électrique transveineuse, qui consiste à délivrer un choc électrique entre deux sondes placées directement dans le cœur et l'artère pulmonaire, constitue une alternative dont le taux de succès dépasse 95 % dans les séries publiées.

Et après le traitement ?

Une étude portant sur des chevaux de course a montré un taux de succès du traitement par sulfate de quinidine de l'ordre de 73 %. La fibrillation auriculaire peut cependant réapparaître après un retour au rythme normal : dans les six mois suivant le traitement, le taux de récidive est d'environ 12 % après sulfate de quinidine contre 34 % après cardioversion électrique dans une étude, le risque augmentant avec la présence d'une insuffisance mitrale, une durée d'épisode plus longue, ou chez les étalons. D'après les données disponibles, un traitement réussi et sans récidive n'affecte pas les performances sportives futures du cheval : une fois le rythme normal rétabli durablement, la plupart des chevaux retrouvent leur niveau antérieur.

Questions fréquentes

Un cheval en fibrillation auriculaire peut-il encore travailler normalement ?

Pas tant que le trouble persiste : il entraîne une intolérance notable à l'effort. Après un traitement réussi et un rythme redevenu normal, la plupart des chevaux retrouvent leurs capacités antérieures.

Comment traite-t-on la fibrillation auriculaire chez le cheval ?

Le traitement de référence est le sulfate de quinidine administré par sonde naso-gastrique. En cas d'échec ou de forme installée depuis longtemps, une cardioversion électrique transveineuse peut être proposée.

La fibrillation auriculaire peut-elle revenir après traitement ?

Oui, c'est une possibilité documentée : selon une étude, environ 12 % des chevaux traités au sulfate de quinidine et 34 % de ceux traités par cardioversion électrique présentent une récidive dans les six mois. Le risque est plus élevé en cas d'insuffisance mitrale associée, d'épisode prolongé avant traitement, ou chez les étalons. Un suivi cardiaque après traitement est recommandé.

Tous les chevaux en fibrillation auriculaire ont-ils une maladie cardiaque sous-jacente ?

Pas nécessairement : chez certains, dite fibrillation « isolée », aucune anomalie structurelle du cœur n'est retrouvée, et des facteurs comme un déséquilibre électrolytique peuvent avoir déclenché l'épisode. Chez d'autres, une insuffisance mitrale ou une autre atteinte cardiaque est associée, ce que l'échocardiographie permet de préciser.

Sources

  • Pratique Vétérinaire Equine, Traitement de la fibrillation atriale chez le cheval : la cardioversion électrique transveineuse.
  • Retrospective review of atrial fibrillation in Standardbred racehorses at a tertiary care facility in Atlantic Canada. PubMed.
  • Transvenous electrical cardioversion of atrial fibrillation in horses: horse and procedural factors correlated with success and recurrence. Journal of Veterinary Internal Medicine.
  • McGurrin et al., Transvenous Electrical Cardioversion of Equine Atrial Fibrillation: Patient Factors and Clinical Results in 72 Treatment Episodes, Journal of Veterinary Internal Medicine.
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