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Santé et quotidien du chevalPiroplasmose chez le cheval : la maladie transmise par les tiques
Un cheval soudainement abattu, les muqueuses pâles ou jaunies, les membres gonflés : la piroplasmose, transmise par les tiques, reste l'une des maladies vectorielles les plus fréquentes chez le cheval en France, aux côtés du virus West Nile, transmis quant à lui par les moustiques.
Mis à jour le 1er octobre 2026

Comment se transmet la piroplasmose
La piroplasmose est une maladie vectorielle, non contagieuse : elle ne se transmet pas directement d'un cheval à l'autre, mais par l'intermédiaire d'une tique, qui transmet le parasite en cause lors de son repas de sang. Plusieurs espèces de tiques présentes en France peuvent la transmettre, selon les régions.
Deux parasites en cause : Babesia caballi et Theileria equi
Derrière le terme de piroplasmose se cachent en réalité deux parasites sanguins différents, qui peuvent circuler séparément ou toucher un même cheval en même temps : Babesia caballi et Theileria equi. Leur cycle diffère sur un point essentiel : Babesia caballi infecte directement les globules rouges, tandis que Theileria equi commence par une étape dans les globules blancs (lymphocytes et monocytes), où le parasite se multiplie au sein de cellules situées notamment dans les ganglions lymphatiques, la rate et le foie, avant de gagner les globules rouges. Cette étape tissulaire, absente chez Babesia caballi, explique en partie pourquoi le portage de Theileria equi est plus difficile à éliminer : le parasite ne circule pas seulement dans le sang, il s'installe aussi dans ces organes. La période d'incubation varie aussi légèrement, d'environ 10 à 30 jours pour Babesia caballi, contre 12 à 19 jours pour Theileria equi.
Les signes cliniques des deux infections se ressemblent beaucoup, au point qu'il est impossible de les distinguer par le seul examen clinique. Theileria equi est toutefois généralement considéré comme plus pathogène, avec des formes souvent plus marquées que celles dues à Babesia caballi. Seule une analyse de laboratoire, par PCR, permet de déterminer avec certitude quel parasite, ou lesquels, sont en cause chez un cheval donné.
Cette distinction explique aussi la différence de portage chronique : l'hôte réservoir de Theileria equi est principalement le cheval lui-même, ce qui explique un portage le plus souvent défini à vie, tandis que celui de Babesia caballi est surtout la tique, et l'infection chez le cheval peut dans certains cas s'éteindre spontanément après plusieurs années.
Reconnaître les signes
Les signes comprennent de la fièvre, un affaiblissement marqué, un ictère (muqueuses pâles ou jaunies), un engorgement des membres, une perte d'appétit, et une anémie. Dans les cas plus sévères, les reins et le foie peuvent être affectés. L'intensité des signes varie beaucoup selon les chevaux et la rapidité de la prise en charge.
Le traitement et le portage chronique
Il n'existe pas de traitement unique et spécifique, mais des médicaments vétérinaires permettent, dans la majorité des cas, d'obtenir une amélioration. Un point important à connaître : certains chevaux restent porteurs chroniques du parasite après l'infection, parfois pendant plusieurs années, parfois toute leur vie selon le parasite en cause, même après un traitement efficace des signes cliniques. Il n'existe pas de vaccin disponible contre la piroplasmose équine.
Une circulation très inégale selon les régions françaises
Une étude portant sur plus de 16 000 prélèvements de chevaux réalisés dans toute la France a mesuré une séroprévalence moyenne de 13,2 % pour Theileria equi et de 9,5 % pour Babesia caballi, c'est-à-dire la proportion de chevaux ayant été un jour en contact avec le parasite. Ces moyennes cachent de grands écarts régionaux : jusqu'à 27 % de chevaux séropositifs pour Theileria equi dans les zones les plus concernées, contre moins de 5 % dans plusieurs régions du nord de la France. La circulation est la plus forte en Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté et Nouvelle-Aquitaine. Si vous vivez ou voyagez avec votre cheval dans l'une de ces régions, la vigilance vis-à-vis des tiques mérite d'être renforcée.
Se protéger des tiques
Puisque la transmission passe exclusivement par la tique, limiter l'exposition reste la meilleure prévention : inspecter régulièrement le cheval après une sortie en zone à risque (prés, lisières de bois, hautes herbes), en particulier aux saisons où les tiques sont les plus actives, et retirer toute tique trouvée rapidement et complètement.
Questions fréquentes
La piroplasmose se transmet-elle d'un cheval à l'autre ?
Non, elle n'est pas directement contagieuse entre chevaux. Elle se transmet uniquement par piqûre de tique porteuse du parasite.
Un cheval guéri de la piroplasmose peut-il la retransmettre ?
Il peut rester porteur du parasite sans forcément montrer de nouveaux signes, parfois pendant plusieurs années ou toute sa vie selon le parasite en cause. Ce portage ne se transmet cependant pas directement à d'autres chevaux sans tique intermédiaire.
Comment protéger son cheval des tiques ?
Inspectez-le régulièrement après les sorties en zone à risque, et retirez toute tique trouvée rapidement. Demandez à votre vétérinaire quelles mesures antiparasitaires sont adaptées à votre région.
Quelle différence entre Babesia caballi et Theileria equi ?
Ce sont deux parasites sanguins distincts responsables de la piroplasmose, aux signes cliniques très proches mais impossibles à distinguer sans analyse de laboratoire. Theileria equi passe par une étape dans les globules blancs et s'installe aussi dans des organes comme le foie, la rate et les ganglions, ce qui explique son portage à vie, tandis que l'infection à Babesia caballi, limitée aux globules rouges, peut parfois s'éteindre spontanément après plusieurs années.
La piroplasmose est-elle présente partout en France ?
Non, sa circulation est très inégale : elle est nettement plus fréquente dans le Sud et le Centre (Auvergne-Rhône-Alpes, PACA, Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle-Aquitaine) que dans les régions du nord du pays.
Sources
- IFCE, Équipédia, La piroplasmose équine.
- Spatial and Temporal Circulation of Babesia caballi and Theileria equi in France Based on Seven Years of Serological Data. Pathogens.
- AAEP Infectious Disease Guidelines, Equine Piroplasmosis.
- Lymphocytes and Macrophages Are Infected by Theileria equi, but T Cells and B Cells Are Not Required to Establish Infection In Vivo. PLOS ONE.
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