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Santé et quotidien du chevalUlcères gastriques chez le cheval : symptômes, diagnostic et prévention
Les ulcères gastriques sont très fréquents chez le cheval, en particulier chez les chevaux de sport. Leurs signes sont vagues : baisse de forme, appétit capricieux, humeur qui change. Ils ne suffisent jamais à poser le diagnostic, qui repose sur un examen de l'estomac par caméra, la gastroscopie. Et sous un même nom se cachent en réalité deux maladies différentes, qui ne se traitent pas de la même façon.
Mis à jour le 1er octobre 2026

Un estomac fait pour manger en continu
L'estomac du cheval est petit et il sécrète de l'acide en permanence, qu'il mange ou non. Dans la nature, ce n'est pas un problème : un cheval broute la majeure partie de la journée, et sa salive, abondante quand il mâche du fourrage, neutralise une partie de cet acide.
Son estomac comporte deux zones bien distinctes. La partie haute, dite squameuse, n'a aucune protection contre l'acide. La partie basse, dite glandulaire, produit l'acide et se protège normalement par un mucus.
Deux maladies sous un même nom
Le consensus vétérinaire européen de 2015 distingue :
- l'ESGD, qui touche la partie haute, sans protection. C'est en quelque sorte une brûlure par l'acide, favorisée par un estomac vide trop longtemps, une ration riche en amidon et le travail rapide à jeun, qui fait remonter l'acide ;
- l'EGGD, qui touche la partie basse. Ses mécanismes sont moins bien compris : il s'agirait plutôt d'une défaillance des défenses de la muqueuse, où le stress semble jouer un rôle important.
Les deux formes peuvent coexister chez le même cheval.
Les symptômes possibles
Aucun de ces signes n'est propre aux ulcères. Chacun peut avoir bien d'autres causes : dents, dos, selle, parasites, autre maladie.
- une baisse de forme ou de performance sans explication ;
- un appétit capricieux, en particulier pour les concentrés, ou un cheval qui mange lentement ;
- un amaigrissement, une difficulté à garder son état ;
- un poil terne ;
- une réaction au sanglage, de l'irritabilité, une coopération moindre au travail ;
- parfois des coliques légères qui reviennent.
Le diagnostic : seule la gastroscopie tranche
La gastroscopie consiste à passer une petite caméra par le nez jusqu'à l'estomac, sous légère sédation, après une période de jeûne. C'est le seul moyen de voir les lésions, de savoir s'il s'agit d'ESGD, d'EGGD ou des deux, et d'en évaluer la gravité.
Traiter « au cas où », sans cet examen, revient à faire une supposition. Au-delà du coût, cela peut masquer un autre problème et retarder sa prise en charge.
Le traitement : différent selon la forme
Le traitement de référence réduit l'acidité de l'estomac. Il est prescrit et dosé par le vétérinaire.
- Pour l'ESGD, ce traitement suffit généralement à cicatriser les lésions en quelques semaines.
- Pour l'EGGD, il suffit rarement seul : les protocoles associent souvent un second médicament, sur une durée plus longue.
Dans les deux cas, sans changement du quotidien, les ulcères ont toutes les chances de revenir à l'arrêt du traitement.
Prévenir les ulcères gastriques
La prévention de la forme la plus fréquente, l'ESGD, tient presque entièrement dans la façon de nourrir et de faire vivre le cheval :
- maximiser le temps passé à manger du fourrage, et réduire les longues périodes à jeun, souvent la nuit ;
- donner un peu de foin avant le travail : il forme une sorte de tapis qui limite les remontées d'acide pendant l'effort ;
- fractionner les concentrés en petits repas plutôt qu'en un ou deux gros ;
- éviter le travail rapide à jeun ;
- limiter le box strict et favoriser le contact avec d'autres chevaux et le mouvement, d'autant plus que le stress pèse dans l'EGGD ;
- anticiper les moments stressants (transport, concours, changement d'écurie) avec le vétérinaire.
Le bilan Cheval 3F évalue précisément ces points : temps sans fourrage, quantité de concentrés, vie sociale, mouvement.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon cheval a des ulcères ?
Par une gastroscopie réalisée par le vétérinaire. Les signes de comportement ou de forme peuvent faire penser aux ulcères, mais ils ne permettent jamais de l'affirmer : trop d'autres causes donnent les mêmes.
Les ulcères gastriques se soignent-ils ?
Oui, la plupart cicatrisent avec un traitement adapté à la forme diagnostiquée, prescrit par le vétérinaire. Mais ils récidivent souvent si le quotidien du cheval ne change pas : fourrage réparti, concentrés fractionnés, moins de stress.
Un cheval de loisir peut-il avoir des ulcères ?
Oui, même si c'est moins fréquent que chez le cheval de sport. Un cheval au box avec peu de foin, des repas de concentrés copieux ou une vie sociale pauvre y est davantage exposé.
Un complément alimentaire suffit-il ?
Aucun complément ne remplace un diagnostic ni un traitement prescrit. Demandez l'avis de votre vétérinaire avant d'en utiliser un, et commencez par ce qui a fait ses preuves : plus de fourrage, moins de jeûne.
Sources
- Sykes B.W., Hewetson M., Hepburn R.J., Luthersson N., Tamzali Y. (2015). European College of Equine Internal Medicine Consensus Statement: Equine Gastric Ulcer Syndrome in Adult Horses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 29(5), 1288-1299.
- Sykes B.W. et al., travaux sur la prévalence de l'ESGD et de l'EGGD selon les populations de chevaux (course, endurance, loisir).
- IFCE, Équipédia, La digestion chez le cheval.
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